Un soupçon légitime de Stéfan Zweig

    « Pour ma part, j’en suis tout à fait certaine, le meurtrier c’est lui« . Betsy en est tout à fait convaincue, car cela fait plusieurs jours qu’elle voit le chien roder autour de la maison d’une manière inquiétante. Toutefois elle n’a pas de preuves…

L’histoire se passe dans la province anglaise. Pour sortir sa jeune voisine de sa mélancolie, une dame âgée lui offre un jeune bouledogue. Mais le mari de la jeune femme qui est un homme des plus exubérants, portant l’enthousiasme pour toutes choses à l’extrême, s’empare du chien, en fait quasiment son jouet et tombe en adoration devant lui. Il y va comme conséquences que l’animal adopte des habitudes autoritaires et dominatrices qui obligent son maître à se plier à sa volonté. Mais un jour la situation change. La jeune femme obtient enfin ce qu’elle désirait depuis si longtemps et l’attention de son mari se reporte entièrement sur elle. Il se met alors à négliger Ponto et le chien commence à se poser des questions: qu’a t-il fait pour mériter un tel mépris? Que se passe-t-il? Dans un premier temps il cherche et ne trouve rien. Un jour pourtant il voit son maître avec un paquet dans les bras et il comprend tout à coup que l’ennemi est là.

Extrait:  « Allongé paresseusement, et sans le moindre signe de bienvenue, il attendait son maître, qui se jetait sur lui, en s’exclamant: »Bonsoir Ponto », avant même d’avoir embrassé sa femme. »

Stéfan Zweig raconte à merveille, comme toujours, par le biais de la vieille dame et par petites touches  le comportement de l’homme, celui du chien, le déroulement dramatique de cette histoire. Il nous tient en haleine jusqu’au bout en nous faisant passer, comme à son habitude, par toutes sortes de sentiments allant du positif au négatif. C’est passionnant.

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Marie Stuart par Stéfan Zweig.

Marie Stuart a t-elle été martyre ou criminelle?

La vie de Marie Stuart, comme celle toutes les reines de l’époque, est intimement liée à la politique. Son bonheur, sa volonté n’existent pas pour elle à côté des intérêts du monde.    « La politique ne s’occupe jamais des sentiments, mais de couronnes, de pays, de droits d’héritage. 

Marie Stuart vit toute sa jeunesse en France où elle devient reine en épousant François ll à l’âge de 17 ans. Elle en revient rapidement après le décès de son mari, pour tomber en pleine guerre des religions. En effet, protestants et catholiques s’affrontent. Elle fait face aussi à Elizabeth l qui tient absolument à garder son trône alors que la reine d’Écosse à des prétentions pour la couronne d’Angleterre. Les deux femmes combattent l’une contre l »autre durant toute leur vie dans le seul but de protéger leurs intérêts personnels. Tout ceci est un méli-mélo d’intrigues, de calculs, de manipulations. Tout ne tourne qu’autour du pouvoir qu’il faut absolument garder.

Un jour cependant, Marie Stuart rencontre Lord Darnley dont elle tombe amoureuse et qu’elle épouse pour se rendre compte quelque temps plus tard que cet homme est un sot.

Plus tard encore elle devient l’amante d’un de ses conseillers: Bothwell, alors qu’elle est toujours mariée. Alors que faire du mari encombrant? Et bien on décide de le supprimer. et c’est ce qui se fera de la main de Bothwell, et avec la complicité de la reine d’Écosse qui ira le chercher elle-même dans son château.

Après ce crime odieux, la vie de Marie Stuart devient un enfer. Bothweil fuit. Quand à elle , elle n’a d’autre alternative que de se tourner vers la reine d’Angleterre pour trouver un quelconque secours, mais celle-ci  emploie la ruse pour l’attirer chez elle dans l’unique but de la neutraliser complètement. Et en effet, la reine d’Écosse restera captive pendant vingt ans, sans possibilité d’exercer le moindre pouvoir.

Mais elle est toujours en vie et représente donc toujours une menace pour Elizabeth qui se met à comploter contre sa rivale pour la faire tomber définitivement. Marie Stuart sera décapitée en 1587.

Commentaire:Intéressante lecture. L’auteur raconte en détail la vie et le comportement de Marie Stuart, et de la reine d’Angleterre, le climat politique, religieux, les calculs, les manipulations, les complots, les châtiments, la souveraineté des reines et leur puissance. Un monde cruel, tant pour ceux qui exercent le pouvoir que pour ceux qui le subissent.

Marie_Stuart

Le voyage dans le passé de Stéfan Zweig

     Un homme et une femme, profondément amoureux l’un de l’autre, se trouvent séparés par les circonstances de la vie. pour une très longue période. La communication étant impossible entre eux dans ces conditions, un silence profond s’installe, qui creuse à leurs dépens un fossé infranchissable. A leurs retrouvailles, bien des années plus tard, ils ont, l’un comme l’autre du mal à se retrouver, à se reconnaître.  Pourtant, ils sont convaincus qu’ils s’aiment toujours, que l’amour est toujours là, puisqu’ils éprouvent toutes sortes d’émotions en présence l’un de l’autre.

    Mais dorénavant il-y-a un malaise dans leurs rapports, un malaise qu’ils ont du mal à définir. Puis peu à peu, ils prennent conscience que leurs relations sont  faussées, parce que la situation a changé, qu’eux ont changé, parce qu’ils ont vécu chacun leur propre vie sans y faire participer l’autre. Or, l’amour se nourrit de partage,
de pensées et de regards échangés, du cœur ouvert l’un envers l’autre. 

    Stéfan Zweig relève la part que peut avoir l’imagination dans une telle histoire. En effet le jeune homme vit sa vie la-bas dans ce pays étranger, il est pris par son travail et ses nouvelles relations, et forcément, il « oublie » son amour. Pourtant à son retour il est persuadé qu’il aime toujours cette femme ne réalisant pas que c’est une illusion.

 Extraits « Il n’est pas dans la nature humaine de vivre, solitaire, de souvenirs et, de même que les plantes, et tous les produits de la terre, ont besoin de la force nutritive du sol et de la lumière du ciel (— ainsi, les rêves eux-mêmes, même ceux qui semblent éthérés, doivent se nourrir d’un peu de sensualité, être soutenus par de la tendresse et des images, sans quoi leur sang se fige et leur luminosité pâlit. »

Voyage dans le passé

Marie-Antoinette de Stefan Zweig

    Biographie écrite en 1933.    

    Qui était Marie-Antoinette? Archiduchesse d’Autriche, puis Reine de France, mais à part cela? Je me suis rendue compte que je ne la connaissais pas, que le peu que je savais d’elle ne correspondait pas vraiment à la réalité. Aussi est-ce avec plaisir que j’ai lu cette biographie de Stéfan Zweig qui décrit ce personnage sous un angle beaucoup plus humain que ne le font la plupart des historiens.    

    Au premier abord Marie-Antoinette nous apparaît comme un personnage peu sympathique. Mariée à 15 ans au futur Louis XVI, pour raisons d’état, elle faisait montre d’une grande immaturité et n’était nullement préparée à son rôle de Reine de France. D’une grande frivolité, elle aimait les toilettes, les bijoux et s’amuser  follement. Elle était hautaine, orgueilleuse et méprisante. D’une intelligence moyenne, Marie-Antoinette n’aimait pas réfléchir, ne lisait pas et ne s’intéressait à rien d’autre qu’à ses amusements.  Le protocole de la cour étant extrêmement strict, elle s’est fait offrir par Louis XVI, le Petit Trianon pour y vivre à demeure, chasser l’ennui qu’elle éprouvait en y organisant de somptueuses fêtes, du reste extrêmement onéreuses pour la cassette du royaume. « Dans l’âge des plaisirs et de la frivolité, dans l’ivresse du pouvoir suprême, le Reine n’aimait pas à se contraindre; l’étiquette et les cérémonies lui causaient de l’impatience et de l’ennui. »

    Deux ou trois ans après son accession au trône, les premières chansons hostiles circulent: 

    « Petite Reine de vingt ans

     qui traitez aussi mal les gens,

    Vous repasserez en Bavière »

Malheureusement Marie-Antoinette préfère  traiter par le plus profond mépris toutes ces cabales et ne discerne pas le danger qui se cache derrière. Car la Révolution est déjà en marche et ne s’arrêtera plus.

     C’est avec » l’Affaire du collier », que Marie-Antoinette perd pour la première fois son assurance. Bien qu’innocente dans cette histoire, son insouciance a fait qu’elle est tombée dans le piège que lui a tendu madame de la Motte et ses complices.

      La réputation de Marie-Antoinette, déjà mauvaise, s’enfonce irrémédiablement.  « Elle est considérée comme la femme la plus lascive, la plus dépravée, la plus fourbe, la plus tyrannique de toute la France. » On l’appelle aussi madame Déficit.

     Le peuple se réveille, la colère gronde, la bourgeoisie ouvre les yeux sous l’impulsion de Voltaire et de Rousseau et la Reine réalise enfin sa négligence, mais il est déjà trop tard. Le quatorze juillet a lieu la prise de la Bastille, qui marque le début de la Révolution.

     Mais Marie-Antoinette, « considérant ses droits monarchiques comme d’origine divine » n’est pas disposée à reconnaître les droits et la liberté d’autrui. Elle ne fait aucun effort pour comprendre ce grand évènement qui va bouleverser sa vie et celle de la monarchie.

   Puis, le danger devenant de plus en plus grand, c’est la fuite à Varennes, le retour, puis l’enfermement au Temple duquel le roi ne sortira que pour être guillotiné.

    Marie-Antoinette se retrouve seule, abandonnée de tous, on lui a tout pris, même son enfant.  La cour d’Autriche lui refuse son aide pour des raisons politiques. Un seul lui reste, c’est son ami, plus précisément son amant, un homme qui l’a toujours aimée et soutenue, le comte de Fersen avec lequel elle a correspondu pendant des années. Mais ce dernier aura beau entreprendre démarches sur démarches pour aider la reine, il ne parviendra pas à la sauver.

    A la Conciergerie, nommée la maison des morts, parce que nul ne sort de là vivant, Marie-Antoinette ne possède plus rien. On l’a dépouillée de tout, elle vit dans une cellule humide qui ressemble à un tombeau et c’est bel et bien cette impression qu’elle a d’être enterrée vivante. Dorénavant elle n’a qu’un souhait c’est de mourir le plus rapidement possible car plus rien ne la retient à la vie.

    Lors de son procès, forte de sa position de souveraine, elle garde la tête haute et c’est, imperturbable, qu’elle entend l’énoncé du verdict la condamnant à la peine capitale.  

    « Marie- Antoinette a écouté sans broncher, avec un calme parfait, la décision des jurés et la sentence. Elle ne manifeste pas le moindre
signe de peur, de colère ou de faiblesse.    « Elle est lasse de cette vie, de ces gens, satisfaite au fond de voir se terminer toutes ces mesquines persécutions. »

    Pendant la dernière nuit, Marie-Antoinette écrit longuement à Madame Élisabeth pour prendre congé de tous ceux qu’elle a aimés.  « Elle n’a plus grand chose à faire ici-bas. Elle n’a plus qu’à mourir, à bien mourir ».

     Et c’est ce qu’elle va faire, cette femme jadis écervelée,  ne trahit aucun sentiment devant les curieux alignés sur son passage.« c’est en vain que ses ennemis les plus acharnés l’épient pour la surprendre dans un moment de faiblesse et de désespoir; »

Ce que j’en pense:  Stéfan Zweig fait bien ressortir le côté humain de Marie-Antoinette, cette femme  projetée dans un rôle qu’elle n’avait pas cherché, éprouvant les sentiments de tout être, allant de la joie la plus totale à la souffrance la plus douloureuse .Il arrive à certains moments qu’on la trouve insupportable et à d’autres, on se surprend à la plaindre. Un personnage fascinant, une belle biographie qui nous entraine dans l’Histoire.

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Destruction d’un coeur de Stéfan Zweig

     Recueil de trois nouvelles: Destruction d’un cœur, La gouvernante, Le jeu dangereux

   Destruction d’un cœur.

    Salomonsohn est un vieil homme très occupé, qui consent à accompagner pour une fois sa femme et sa fille unique en vacances dans un endroit charmant.  En sortant dans le couloir pendant la nuit, pour soulager la douleur lancinante qui le tenaille sans cesse, il surprend une ombre féminine sortant d’une chambre qui n’est pas la sienne. Il réalise que cela ne peut être que sa fille, sa fille chérie et cette découverte le bouleverse complètement. Comment a t-elle pu?

     A cause de l’image idéale qu’il s’est fait de sa fille, ce père est cruellement déçu  par ce comportement qu’il juge licencieux, mais pour autant, il ne parvient pas à parler à son enfant, comme il devrait le faire, pour éclaircir cette ténébreuse affaire. Il laisse dès lors courir son imagination, s’enferme en lui-même et regarde sa vie. Il constate qu’il n’a jamais vécu que pour sa famille qui, il le voit bien, ne fait montre envers lui, d’aucune reconnaissance, pire, fait comme s’il n’était pas là. A partir de ce moment, ce père aimant, mais incompris, sombre dans une profonde mélancolie, proche de la mort. La mort du cœur qui délivre de toute oppression de toute angoisse, de toute terreur, celle qui permet à l’être humain de survivre dans le plus grand désarroi. Il écoute attentivement son cœur, son cœur qui bat, qui véhicule le sang qui donne la vie. Puis, peu à peu, le silence s’installe, plus aucun bruit, non plus qu’aucune souffrance, plus de douleur, la paix, la délivrance.

    « Et, brusquement, voici qu’un affreux silence se produisit à l’endroit où, tout à l’heure encore, se trouvait ce cœur chaud et coulant goutte à goutte: il y avait là une fissure, un vide sinistre et glacé. »… Aucune douleur ne le tiraillait plus, aucun souvenir ne crispait plus ses nerfs torturés; tout, dans on être, était là muet, rigide et pétrifié. »…. » Rien ne le tourmentait plus, plus rien de douloureux: sans doute, tout son être était maintenant vide et noir comme le creux d’un arbre consumé par le feu. »… Et tout à coup, il lui sembla être déjà mort…

     Ce que j’en pense:  Cette nouvelle que j’ai beaucoup aimée, est bouleversante par la description que fait Stéfan Zweig du profond désespoir de cet homme sensible, qui le pousse à s’enfoncer irrémédiablement dans des régions obscures du cœur dans lesquelles nul ne peut plus l’atteindre.

Lettre d’une inconnue de Stéfan Zweig

    Un célèbre romancier, en rentrant chez lui, trouve sur son plateau une lettre assez volumineuse dont la première page porte ces mots: « A toi qui ne m’as jamais connue ». C’est une jeune femme qui lui écrit, une jeune femme qu’il ne croit pas connaître et pourtant… Elle lui décrit sa vie, ou plutôt la passion qui la saisit dès la première rencontre avec lui.

    Toute jeune, alors qu’elle n’avait que treize ans, elle l’avait vu emménager tout près de chez elle, et le rencontrant sur le palier, croisant son regard, elle a été comme foudroyée. Dès lors, sa vie n’a appartenu qu’à cet homme, elle n’a vécu que pour lui, toute remplie de son amour.

    Cet amour est si puissant, si fort qu’il l’enferme en elle-même, l’isolant de la vie normale de toute jeune fille et la poussant à vivre selon des scénarios de sa pure imagination. C’est un amour douloureux, qui la blesse, car l’homme qu’elle aime ne l’a jamais remarquée. Mais l’amour, quel qu’il soit, doit être partagé, et de retour dans sa ville natale, le jeune fille cherche à rencontrer son bien-aimé dans le secret espoir d’être distinguée de lui. Mais la désillusion est totale, décidément cet homme ne se souvient pas d’elle. Pour elle, c’est évident: puisqu’elle n’est pas reconnue c’est qu’elle n’est pas aimée. Dès lors, elle ne fera rien pour que cet homme la reconnaisse, poussée par son amour qui veut que la liberté de l’autre soit respectée.         

Dans sa lettre, la jeune femme raconte dans le détail toutes les émotions qu’elle a ressenties, le don total qu’elle a fait d’elle-même, son choix de rester dans l’ombre pour ne pas être une charge pour cet homme et ne le gêner d’aucune façon. Il s’agit là d’un amour total, désintéressé, ne désirant que l’unique bien de l’autre aux dépens du sien propre, et en dépit de profondes souffrances, un amour qui se retourne contre soi parce qu’il n’est pas partagé et donc stérile.

Extrait:  « Tout ce qui montait et s’épanouissait dans mon être ne connaissait que toi, ne savait que rêver de toi et te prendre pour confident. »

    « Rien n’existait pour moi que dans la mesure où cela se rapportait à toi; rien dans mon existence n’avait de sens si cela n’avait pas de lien avec toi« .

    Ce que j’en pense: La lettre est poignante et magnifique et nous entraine dans le cheminement incroyable de cette jeune femme fragile et de son amour impossible. Il ne m’a pas toujours été facile de la comprendre, tant son amour pour cet homme m’a paru irréel. Toutefois j’ai beaucoup aimé cette œuvre pour la profondeur de son texte.

 

Le joueur d’échecs de Stéfan Zweig

    Lors d’un voyage vers Buenos-Aires, le narrateur rencontre sur le paquebot le très célèbre champion mondial du jeu d’échecs, Mirko Czentovic.
Intrigué par le personnage pourvu d’un caractère singulier, il amène cet homme à consentir à une partie d’échec avec plusieurs participants.

    Or, lors d’une de ces parties, un individu complètement étranger intervient d’une manière extraordinaire et sauve leur jeu mis à mal par Czentovic. Ce qui est tout à fait surprenant, c’est que monsieur B affirme haut et fort qu’il n’a pas touché un échiquier depuis une vingtaine d’années. Est-ce possible? Le narrateur entend alors le récit poignant de cet homme modeste. Lors de l’occupation allemande, ayant été arrêté par les nazis, il a vécu enfermé dans une chambre d’hôtel confortable certes, mais dans une solitude quasi-totale, sans livre, sans crayon sans rien, absolument rien, face au néant, face à lui-même. De quoi devenir fou!

    Pourtant un jour, monsieur B, tombe comme par hasard, sur un manuel du jeu d’échecs et se met à étudier toutes les combinaisons exposées par de
grands maitres de ce jeu fabuleux. Mais, petit à petit, entrant toujours plus profondément dans ces calculs, cet homme est pris d’une frénésie qu’au bout d’un certain temps il ne parvient plus à contrôler et qui l’amène dans une sorte de démence.

Extrait.  « Mon cerveau se partageait, si je puis dire, en cerveau blanc et cerveau noir, pour mener ce jeu dans un espace abstrait et y combiner les coups qu’exigeait, dans les deux camps, la tactique de la bataille. Et le plus dangereux de l’affaire n’était pas encore cette division de ma pensée à l’intérieur de moi-même, mais le fait que tout se passait en imagination: je risquais ainsi de perdre pied brusquement et de glisser dans l’abîme. »

    Comme toujours j’ai aimé ce que Stéfan Zweig nous présente là, un roman qui nous entraine dans cet univers particulier du jeu d’échecs. Il est toujours bouleversant de se retrouver devant la cruauté de certains individus mais de voir aussi ce qu’un être humain peut entreprendre pour son salut.

Joueurs d'echecs