La Maison Nucingen d’Honoré de Balzac

    Œuvre parue en 1837, faisant partie des Scènes de la vie parisienne de La Comédie humaine.  

    Au début de l’histoire, un homme, dans un élégant restaurant parisien, surprend la conversation de quatre personnages. Ceux-ci entament une causerie ironique sur la colossale fortune de Rastignac, fortune tout à fait étonnante. 

    On se souvient de Rastignac que l’on rencontre pour la première fois dans Le Père Goriot.  Il est alors pauvre, vivant dans une obscure pension de famille. Son dénuement est tel qu’il est obligé d’accepter l’aide de sa famille. A l’époque, il est droit, fait montre d’une grande humanité puisqu’il accompagnera le père Goriot à sa dernière demeure. Mais c’est un jeune homme qui a de l’ambition, et qui n’entend pas rester désargenté.  Il comprend que l’intérêt de la vie pour lui, se trouve dans les hautes sphères de la société, et profitant de sa parenté avec madame de Beauséant, il fréquente les salons dans lesquels il rencontre madame de Nucingen dont il devient l’amant. Or, le mari de cette dernière est banquier. Le baron de Nucingen a le génie de la haute finance et manœuvre dans ce milieu en employant, sans aucun scrupule, des moyens frauduleux pour grossir sa fortune. Certaines personnes comme Rastignac, sont utilisées comme des marionnettes que le banquier manipule pour parvenir à ses fins. 

     Rastignac est un gentleman, il a de l’éducation et évolue à l’aise dans le milieu auquel il appartient.et dont il connait tous les rouages. Il est intelligent et réfléchit avec application à la meilleure façon de régler ses affaires, ce qui lui est profitable à plus d’un titre.

     Néanmoins, il n’est pas satisfait de sa  relation avec Delphine de Nucingen qui, tout en lui apportant nombre d’avantages, le met dans une position humiliante pour un homme. Pour lui, il faut rendre ce qu’il prend. Aussi pour sortir de cette situation ambiguë, Rastignac imagine d’enrichir Delphine, qui on s’en souvient, se plaignait dans Le Père Goriot«  de ce que son mari lui comptait sa monnaie. Croyant bien faire, par amour mais aussi par ambition, Eugène de Rastignac s’engage imprudemment dans l’univers de la finance sans se méfier le moins du monde de la corruption du milieu et ne discernant pas la vraie personnalité du Baron de Nucingen.

Rastignac

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Le Père Goriot d’Honoré de Balzac

    Œuvre faisant partie de la Comédie humaine: Scènes de la vie privée, écrite en 1835.

     Eugène de Rastignac, jeune provincial, loge dans la pension de madame Vauquer, vieille femme d’une cinquantaine d’années qui tient comme elle peut son établissement vieillot et malodorant. Dans cette misérable pension vit le père Goriot, vieil homme aux manières bizarres, dont tout le monde se gausse plus ou moins méchamment. Il faut dire aussi que cet homme a du mystère puisqu’il ne dit rien de ses affaires, ce qui ennuie prodigieusement la maîtresse des lieux.

     Eugène a de la naissance, ce qui est fort bien, mais il n’a pas d’argent. Or, combien il en faut pour pénétrer dans la haute société! Il s’adresse alors à sa famille qui l’habille de pied en cap et ainsi pourvu, se rend chez madame de Beauséant, sa cousine de laquelle il demande aide et protection.

    A la pension, la situation misérable du père Goriot émeut profondément le jeune homme. Comment cet homme, père de deux jeunes femmes du grand monde peut-il vivre dans de telles conditions de délabrement?

     Petit à petit Eugène de Rastignac découvre avec horreur et consternation les dessous de ce beau monde où tout brille et scintille de mille feux, de mille paillettes mais recèle en lui-même une humanité aussi malheureuse, aussi corrompue que celle de la société la plus basse. Tout en gardant son intégrité morale, il décide de se lancer à l’assaut de cette société quasiment inaccessible, et tombant amoureux de madame de Nucingen, une des filles du père Goriot, il découvre la tragédie de toute cette famille.

    Le père Goriot n’a jamais vécu que pour ses filles, elles sont le centre de sa vie, il ne vit que pour elles. Son amour est fort et inconditionnel, il désire leur bonheur par dessus tout et souffre terriblement quand il les sait malheureuses. Aussi fait-il tout ce qu’il peut pour leur venir en aide au détriment de sa propre vie. Cet amour-là est bouleversant, mais il n’est pas pour autant juste puisqu’il ne met aucune limite aux comportements abusifs de ses filles.

    La fin du père Goriot est tragique. Seul, gisant sur son mauvais grabat, en proie au délire, persuadé de l’amour de ses filles, il attend leur visite refusant de croire à leur défection. Puis le temps passant il réalise avec douleur que c’est dans la solitude qu’il partira. Eugène restera jusqu’au bout avec lui, multipliant les démarches pour soulager le vieil homme, s’occupant de tout à la place des deux filles.

    Extraits. « Le père Goriot était sublime. Jamais Eugène ne l’avait pu voir illuminé par les feux de sa passion paternelle. »

« – Aucune de ses filles ne viendrait! s’écria Rastignac. Je vais écrire à toutes deux.

– Aucune, répondit le vieillard en se dressant sur son séant. Elles ont des affaires, elles dorment, elles ne viendront pas. Je le savais. Il faut mourir pour savoir ce que c’est que des enfants. »

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Pierrette d’Honoré de Balzac

La Comédie humaine Scènes de la vie de province, œuvre parue en 1840. L’histoire se passe sous Charles X

Pierrette, quatorze ans, gaie, insouciante, pleine de vie, arrive chez ses cousins Rogron, deux célibataires endurcis. Très vite la cousine, poussée par une jalousie dévorante, se met, à haïr la jeune fille, n’ayant de cesse de lui faire des reproches à propos de tout et de rien, la soupçonnant à tort de méfaits qu’elle ne commet pas, lui attribuant une mentalité malhonnête. L’histoire s’imbrique dans une société dans laquelle tout le monde y calcule ses intérêts, financiers en particulier, mais aussi politiques, et ceci, sans se soucier des sentiments d’autrui. La jeune fille, sensible et sans défense, se trouve au cœur de la mêlée, sans rien y comprendre, comme un objet inanimé que l’on manipule sans précaution. Ces mauvais traitements finiront par avoir raison de sa santé.

Extrait « Ni Rogron ni sa sœur n’avaient de douceur dans le caractère. Ces esprits étroits, qui d’ailleurs éprouvaient un plaisir réel à taquiner cette pauvre petite, passèrent insensiblement de la douceur à la plus excessive sévérité.« 

Le curé de Tours d’Honoré de Balzac

Oeuvre parue en 1832

La Comédie humaine.

    Scènes de la vie privée 

    Le curé de Tours est un homme d’une soixantaine d’années, replet, bon enfant, bon vivant, ne faisant de mal à personne, poursuivant son petit bonhomme de chemin tranquillement, et sans rien demander à personne, mais toutefois naïf pour son malheur.

    Au début de l’histoire on le voit content de lui-même et de la vie qu’il mène. Pourtant quand il rentre chez lui, il remarque tout de suite qu’on a manqué de lui rendre certains services qu’il est en droit d’attendre, et il pressent quelque chose de mauvais. Il habite un très beau logement qu’il a convoité pendant des années, et propriété d’une demoiselle Gamard, égoïste et sans scrupules. Cette dernière, sans raisons valables, se met à haïr cet homme bon et à le persécuter, cherchant par tous les moyens à le faire partir. La naïveté de l’abbé Birotteau lui défend de croire à la méchanceté de la vieille fille et il n’est pas non plus en mesure de comprendre la haine dont il est l’objet, c’est ce qui le perdra.

Extrait:

    Il y eut cette différence entre feu l’abbé Chapeloud et le vicaire, que l’un était un égoïste adroit et spirituel, et l’autre un franc et maladroit égoïste.

 

Les Faux-Monnayeurs d’André Gide

Œuvre publiée en 1925.

Très bien

         Difficile de résumer cette œuvre dans laquelle André Gide parle de plusieurs personnages qui sont décrits par l’auteur sous leur jour le plus naturel, ce qui les rend très accessibles et par conséquent sympathiques.
Deux d’entre eux se démarquent cependant:  Édouard, et Olivier son neveu. Plusieurs autres gravitent autour d’eux avec leur histoire personnelle, plus ou moins tragique.
Édouard tient un journal dans lequel il transcrit  ce qu’il vit, ce qu’il entend, il y décrit les êtres qu’il rencontre, êtres fragiles comme Laura, le vieux professeur La Pérouse et son petit-fils Boris; êtres cyniques et peu scrupuleux comme Passavent.

Extrait Je me disais que rien n’est bon pour tous, mais seulement par rapport à certains; que rien n’est vrai pour tous, mais seulement part rapport à qui le croit tel; qu’il n’est méthode ni théorie qui soit applicable indifféremment à chacun;

La symphonie pastorale d’André Gide

Un pasteur ramène chez lui une jeune fille aveugle et entreprend de l’éduquer pour l’amener à la vie véritable. Or, Gertrude se révèle intelligente, douce et docile. Le temps passant, à leur insu, un lien plus profond se tisse entre le maitre et l’élève. Le pasteur ne s’en aperçoit pas, convaincu qu’il est d’accomplir une bonne action, et de devoir s’occuper de cette jeune fille, de son âme en particulier. Mais la présence de Gertrude gène Amélie, l’épouse du ministre, qui voit très bien que son mari s’attachant trop à son élève, s’éloigne d’elle et délaisse sa famille.

On fait forcément la comparaison entre les deux femmes: l’une pratiquement sans défauts,( mais on prend soin de lui cacher beaucoup de choses désagréables), l’autre, amère, aigrie, jalouse, mais ces réactions sont compréhensibles.
Le comportement de l’éclésiastique est discutable, car bien que s’appuyant sur les textes bibliques, y trouvant ptétexte, croyant bien faire, son action envers Gertrude, que l’on pourrait qualifier de bonne, ne l’est pas en réalité, puisque ce faisant il est amené à mépriser sa femme.
Gertrude, que j’ai trouvée quelques fois agaçante de trop de perfection, se rend compte de la souffrance d’Amélie, et l’on s »aperçoit finalement, que l’aveugle n’est pas celui qu’on croit.

Extraits
    « -Je te l’ai dit, Gertrude: ceux qui ont des yeux sont ceux qui ne savent pas regarder.« 

Eugénie Grandet d’Honoré de Balzac

La Comédie humaine

Scènes de la vie de province.

Oeuvre parue en 1833.

Thème: l’avarice.

L’histoire se passe sous la Restauration Française.

Le père d’Eugénie est un terrible avare qui adore l’or, spécule, fraude, à seule fin de s’enrichir et d’en posséder de plus en plus. Sa femme et sa fille qui ne sont pas au courant de cette situation subissent tant bien que mal la tyrannie du père Grandet. Car il fait régner la peur dans la maison à tel point que les deux femmes tremblent devant lui. Tout est restreint dans le logis, tant le feu que la nourriture. Eugénie est pouvue d’un caractère doux et paisible et ne proteste pas contre ces brimades.
Mais quand son cousin Charles survient, Eugénie découvre en elle-même des sentiments inconnus et s’émeut de la triste situation dans laquelle se trouve le jeune homme. Par amour pour lui, elle ose braver son père ce qui lui coûtera une affreuse punition. Si Eugénie ne se rend pas vraiment compte de sa richesse, les habitants de Saumur, eux, ont la certitude que le vieillard est très riche et les prétendants ne manquent pas à la jeune fille.
Le temps passant, Charles revient, mais c’est un homme nouveau qu’ Eugénie ne reconnaît pas et qui l’oblige à renoncer aux projets qu’elle avait formés.
Le temps passant encore, la douce jeune fille, déçue par l’être humain, s’enferme dans une solitude mélancolique et finit par vivre de façon austère tout comme le faisait son père.

Extrait.
    « La vue de l’or, la possession de l’or était devenue sa monomanie. Son esprit de despotisme avait grandi en proportion de son avarice, et abandonner la direction de la moindre partie de ses biens à la mort de sa femme lui paraissait une chose contre nature. »

Avarice