Poupée volée de Eléna Ferrante.

Professeur d’université, Léda est une femme élégante, cultivée, brillante, pourvue d’une forte personnalité. Elle donne l’impression de la femme accomplie faisant envie aux autres, séduisante et capable de séduire encore à quarante huit ans.

Pourtant quelque chose ne va pas.

En vacances, sur la plage, elle rencontre une famille de napolitains, qui lui rappelle la sienne de laquelle elle s’est échappée, la trouvant trop rustre. Une jeune femme attire spontanément son attention, qui semble se démarquer du reste du groupe. C’est une mère avec sa fille. A les regarder s’amuser ensemble à la poupée, elle se souvient de la période lointaine où elle éduquait ses filles, période heureuse et malheureuse à la fois. Elle décide de se rapprocher de Nina et écoute ses confidences. Toutefois, l’idée saugrenue de voler la poupée de la fillette la saisit malgré la souffrance que cette perte cause à l’enfant. Elle poursuit ses réflexions douloureuses, se souvenant du malaise qu’elle éprouvait dans son rôle de mère, souffrant de l’enfermement que représentait pour elle la maternité, préférant finalement partir en abandonnant ses filles, pour se mettre en quête d’elle-même, connaître enfin qui elle était, ce dont elle était capable.

    J’ai aimé cette histoire. Léda se raconte elle-même sans détours, en regardant sa vie en face, dans une introspection lucide et honnête.  Son caractère est ambivalent. Prise dans une sorte de délire, tantôt elle adopte un comportement sympathique, tantôt un comportement odieux. Il n’est pas aisé de  comprendre ses réactions, on ne peut que chercher le pourquoi et deviner.

Extrait: Je posais la poupée sur mes genoux pour qu’elle me tienne compagnie en quelque sorte. Pourquoi l’avais-je prise?

Naples

Publicités

L’Amour est à la lettre A de Paola Calvetti

    Emma ouvre une librairie spécialisée dans les histoires d’amour, car elle les aime, et croit fermement à l’impact que peut avoir un roman sur la vie des gens. Pour elle, lire un bon roman est une excellente thérapie. En effet, qui ne s’est jamais évadé dans un autre univers, une autre vie et en a retiré un appréciable bienfait?

    Emma a cinquante ans, elle est divorcée, mais ne souffre pas de sa solitude, elle trouve son bonheur dans sa librairie, elle est sereine…jusqu’au jour où elle rencontre Fédérico, un amour de jeunesse. Celui-ci est marié, habite New-York, et lui propose une correspondance épistolaire qu’ils poursuivent pendant plusieurs années et
dans laquelle, ils parlent tous deux de leur travail qui les passionne et de l’attachement qu’ils éprouvent l’un pour l’autre.

    Mais au fil du temps, insidieusement, leurs sentiments s’affermissent et Emma se plaît à croire qu’un avenir est possible. Pourtant, si Fédérico a entamé bien imprudemment cette relation, il se rend bientôt compte de la difficulté qu’il y a à rompre avec une femme qui l’aime et le soutient. En fait, c’est un homme bien installé dans sa vie: une épouse, un enfant, un travail. Emma, après avoir vécu un grand bonheur teinté d’espérance, est ébranlée par le comportement de son amant et doit lutter pour ne pas s’enfoncer dans un découragement nuisible.

Ce que j’en pense:

   Je n’ai pas été convaincue par l’histoire d’amour du couple que j’ai trouvée factice dès le début. J’ai eu l’impression qu’Emma et Fédérico se jouaient la comédie de l’amour. Lui, je l’ai perçu comme un homme voulant tout simplement se distraire.

    J’ai beaucoup aimé par contre la citation de nombreuses oeuvres littéraires et la façon de parler des livres.

    L’écriture est heureusement soutenue, mais familière dans certains passages dans le souci, sans doute d’adaptation au monde actuel, mais ceci, à
mon avis, gâche l’écriture.

    Ce livre, tout en ne m’ayant pas franchement déçue, ne m’a pas enthousiasmée.

Merci à Suzanne de chezlesfilles et aux Presses de la Cité.