Noel: message d’espoir

« Or, durant leur séjour à Bethléem arriva le moment où Marie devait accoucher. Elle mit au monde un fils: son premier-né. Elle lui mit des langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle réservée aux voyageurs.

Dans les champs environnants, des bergers passaient la nuit pour garder leurs troupeaux. Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Une grande frayeur les saisit.

Mais l’ange les rassura: -N’ayez pas peur: je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une très grande joie. Un Sauveur vous est né aujourd’hui dans la ville de David; c’est lui le Messie, le Seigneur. Et voici à quoi vous le reconnaîtrez: vous trouverez un nouveau-né dans ses langes et couché dans une mangeoire.

Et tout à coup apparût, aux côtés de l’ange, une multitude d’anges de l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu: Gloire à Dieu au plus haut des cieux! Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »   Luc 2:6-14OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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Le Bouc émissaire de Daphné du Maurier

Très bien !

Comme souvent dans beaucoup de ses œuvres, Daphné du Maurier nous entraîne dans une intrigue très subtile et passionnante. On ne lâche pas le livre qu’on ne sache le dernier mot.

John est anglais, célibataire, professeur d’université. Quand il regarde sa vie, il la considère comme ratée, morne et sans intérêt. C’est un mélancolique, enclin à l’introspection.

Lors de vacances à Paris, alors qu’il est assis dans un bar, il rencontre un homme qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, même voix, mêmes gestes…La ressemblance est tellement saisissante qu’il en reste stupéfait. Au cours de la courte conversation pendant laquelle les deux hommes racontent quelque peu leurs vies, l’homme fait à John cette proposition saugrenue de l’échange de leurs identités car il en a assez de ses responsabilités familiales et de chef d’entreprise…  John proteste mais en vain. Le lendemain il se retrouve dans un pyjama qui ne lui appartient pas, avec deux valises contenant des effets qui ne sont pas à lui, et sa voiture a disparu avec tous ses papiers et son portefeuille. Un coup donné à la porte de sa chambre d’hôtel et paraît un homme en livrée qui le salue en lui disant: « Monsieur le comte a bien dormi? » Et oui! du jour au lendemain John est devenu le comte Jean de Gué. A partir de cet instant il est obligé de se mettre dans la peau du personnage car personne ne reconnait l’imposture.

Jean de Gué est un aristocrate, vivant dans un château. Quand il entre dans la demeure, John découvre la famille du comte, des gens nerveux, inquiets, voire capricieux. Il doit faire face à une multitude de problèmes et découvre un passé qui pèse lourd chez ces gens. Mais il se dit qu’il n’est pas Jean de Gué, et qu’il n’est donc pas responsable de ces situations scabreuses. Il n’est que le bouc émissaire et le rôle du bouc est de porter. Alors il porte. Il porte toute la responsabilité, le poids écrasant de cette famille fragile. Cela est dur. Alors il s’adapte, écoute, fait montre d’une grande compréhension et petit à petit l’ambiance pesante du début s’adoucit, les difficultés trouvent leur solution.

Extrait. J’eus tout à coup la conviction profonde que ce n’était pas la curiosité d’un étranger, le goût du pittoresque, qui m’attiraient vers eux, mais un sentiment plus intense, plus intime, un intérêt pour leur bonheur qui ressemblait à de l’amour, mêlé à quelque chose de presque douloureux.

Les inconnus dans la maison de Georges Simenon

Une belle personnalité que nous décrit George Simenon dans la personne de Loursat, avocat d’assise. Certes ce dernier boit comme un trou, le soin qu’il a de lui-même laisse à désirer, il grogne plus qu’il ne parle, il vit comme un ours enfermé dans son bureau en désordre. Sa façon d’être et son refus d’entrer dans le moule, l’éloignent de ses relations. Cependant Loursat est doté d’une grande empathie qui lui permet de comprendre bien des situations.

Donc un certain jour, un coup de feu l’oblige à sortir de sa tanière et à sa grande surprise il découvre un jeune homme inconnu dans une de ses chambres, dans un état proche de la mort. L’événement se passant dans sa propre demeure, bien qu’ennuyé et dérangé dans son quotidien tranquille, Loursat est obligé d’intervenir et de se mettre au travail pour débrouiller cette ténébreuse affaire.  Dans un premier temps il se remet à parler à sa fille Nicole, qui, pour lui est comme une étrangère, qu’il a presque oubliée, et qu’il ne croise jamais qu’aux heures régulières des repas. Petit à petit il découvre un monde inimaginable, une vie cachée, mystérieuse qu’il était loin de soupçonner. Son enquête l’oblige à rentrer dans la société bourgeoise dont il s’était éloigné, dégoûté par son mensonge, son hypocrisie, sa suffisance…

En poussant ses investigations, il fait la connaissance de Manu, jeune homme craintif, peu sur de lui, le coupable idéal aux yeux de la-dite société, parce qu’il est le fils d’une pauvre veuve…

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Bruxelles

Chaque jour est un adieu d’Alain Remond.

Un petit livre d’une centaine de pages qui se lit très vite, et dans lequel Alain Remond, journaliste, raconte son enfance et sa jeunesse en Bretagne. Une belle écriture lyrique et profonde. Un récit poignant dans lequel l’auteur s’épanche dans une liberté pleine de pudeur et de retenue.

Dix enfants et les parents dans un trois pièces à Trans non loin du Mont Saint Michel. Dans la maison, quand la famille y arrive en 1952, pas d’eau courante, pas de salle de bains ni de WC. On se lavait dans la cuisine avec le broc et la cuvette, à l’eau froide. Les toilettes consistaient en un baraquement situé dans une cour à laquelle on accédait après avoir traversé la route. Pas de jouets non plus. Aussi les enfants se distrayaient-ils en inventant des jeux qui les emmenaient dans un univers qu’ils se créaient eux-mêmes. La forêt toute proche leur donnait aussi nombre de jeux divers.

La vie, dans ces conditions, était loin d’être facile, soutenue par la seule paye du père qui était cantonnier de son état.  Pourtant Alain Remond décrit cette vie comme un paradis, c’est ainsi qu’il la voit quand il était enfant. » On a passé là, dans la cour, des milliards d’heures de pur bonheur ».

L’école, c’était la classe unique, les grands et les petits, tous mélangés, les grands devant aider les petits sous la direction du vicaire instituteur. Après la classe on allait faire un tour chez le forgeron, le sabotier, le cordier, le menuisier pour les regarder travailler.

Cette maison c’était donc la maison du bonheur, mais, tristement, le temps passant, elle est devenue la maison du malheur, car les parents ne s’aimaient plus. Des disputes et des cris sans fin. De la peur, de l’angoisse, la guerre, la haine.

Les relations avec le père, comme dans ces années là, étaient pratiquement inexistantes. Le dialogue, l’échange n’étaient pas dans les habitudes: « Mon père m’était un étranger. J’aurais aimé l’aimer, mais comment faire si on ne sait presque rien l’un de l’autre, si on ne se connait pas? » Ce manque de partage ouvrait la porte à des perceptions fausses et c’est ainsi que Alain Remond a été surpris, plus tard, de voir que son père n’était pas ce qu’il croyait être; mais qu’il était intéressant et possédait des qualités insoupçonnées: « Là je le voyais, je l’entendais: je découvrais quelqu’un d’autre, qui m’étais inconnu. A Trans, à la maison, c’était celui par qui la guerre arrivait.— Ici, dans cette chambre d’hôpital, c’était celui qui faisait rire…  » A la mort de son père, qui le bouleverse, Alain Remond découvre en lui-même des sentiments ambivalents, à la fois soulagement, (dont il a honte) et profonde tristesse.

Ville d'Art et d'Histoire

Ville d’Art et d’Histoire

L’Américain de Henry James.

L’histoire se passe au 19ème siècle. L’Américain, Christopher Newman, est un homme, d’une quarantaine d’années, séduisant et sûr de lui. D’un bon naturel il aborde les gens positivement. Il est franc, sincère, sans hypocrisie. Ayant réussi dans les affaires, il s’en vient à Paris, et là, sur l’instigation d’une amie, fréquente une jeune veuve. Mais celle-ci fait partie de l’aristocratie, un milieu des plus fermés, perclus de préjugés. et attaché aux traditions. Or la famille, d’accord tout d’abord pour le mariage, revient sur son consentement et oblige Newman à renoncer à son projet. L’attitude, le comportement et la hauteur de la famille de Bellegarde offusquent au plus au point l’américain. Profondément offensé il décide de se venger en employant un moyen qui ruinerait à tout jamais cette famille si orgueilleuse.

J’ai bien aimé le personnage de Newman que j’ai trouvé intéressant de part son caractère souple, ainsi que sa ténacité dans sa lutte contre la famille de Bellegarde, la description du milieu aristocratique,  l’attitude de Claire qui est vraiment étonnante par sa soumission quasi totale à sa famille; enfin les débats intérieurs de l’américain face à son gros problème. Va t-il se venger ou son bon naturel va t-il l’emporter?

« Tolstoï : La quête de la vérité » d’Alain Refalo

Je me suis régalée avec ce livre parce que j’ai aimé les idées de ce grand écrivain.

Tolstoï a vécu sous le tsar Nicolas 1er dans son domaine de Iasnaia Poliana, entouré de l’affection des siens. Le peuple lui, était très pauvre, n’avait aucun droit et ne recevait aucune instruction.

Très tôt Tolstoï se rend compte des inégalités sociales et elles le révoltent. C’est un être tourmenté, éprouvant un malaise profond au dedans de lui. Il se met alors à réfléchir et à méditer sur le sens de la vie en lisant toutes sortes d’ouvrages, y compris la bible. Et c’est en lisant cette dernière qu’il découvre ce qu’il cherche, pour lui, la bible contient la vérité. Convaincu alors de la véracité de son message, il oriente sa vie autour du christianisme. Dès lors s’appuyant sur les textes bibliques, il s’insurge contre le pouvoir militaire: »Tu ne tueras point« , les abus de l’État, ceux de l’Église qu’il fustige sans ménagement et dont il souligne les contradictions avec l’évangile, et la peine de mort. Il fonde aussi une école pour les enfants pauvres de son domaine.

Tolstoï rédige nombre d’ouvrages d’opposition à la violence. Pour expliquer sa rupture avec l’église il écrit: Confessions, un Abrégé de l’évangile, (ouvrages censurés) et En quoi consiste ma foi? Il écrit aussi des « Récits populaires« , Contes et Nouvelles, tous imprégnés de la doctrine évangélique, expression de sa pensée. Tolstoï, fidèle à ses convictions opte pour une vie simple car pour lui, elle est la vie authentique.

Toutefois sa femme ne le suit pas dans ces idées. En effet, elle reste attachée au milieu aristocratique et surtout elle ne comprend pas le tournant pris par son mari à propos de la religion, étant elle-même une fervente fidèle de l’Église orthodoxe. Tolstoï ne parviendra jamais à la convaincre et le fossé qui les sépare ira toujours s’élargissant.

Gandhi, touché par « Le royaume des cieux est en vous«  s’est inspiré des écrits de Tolstoï pour mettre en œuvre la résistance non-violente dans ses propres combats. Je me rendais de plus en plus compte des possibilités infinies de l’amour universel.

Enfin à la fin de sa vie, Tolstoï tombe gravement malade. Obéissant jusqu’au bout à ses convictions profondes, il quitte sa maison( trop luxueuse à son goût) et sa famille et s’en va mourir à la gare d’Astapovo, une gare complètement inconnue. Sur son lit de mort il dira: Je vous conseille seulement de vous rappeler qu’il y a au monde beaucoup d’êtres humains en dehors de Léon Tolstoï. Vous n’avez d’yeux que pour Léon..

Pour Tolstoï, la guerre et la plupart des maux dont souffre l’humanité proviennent de ce « sentiment artificiel et déraisonnable », qu’est le patriotisme, car celui-ci engendre l’hostilité et la haine envers les autres peuples.

Pour donner un sens raisonnable à notre existence, il faut exiger des autres le moins possible et leur donner le plus possible. (Lettre à Romain Rolland.)

Romain Rolland, biographe de Tolstoi et de Gandhi, écrira à propos de ces pages qu’elles resteront dans l’avenir comme le « testament spirituel de Tolstoï. »

Alain Refalo est membre du Mouvement pour une Alternative non-violente. Il a réédité aux éditions du Passager Clandestin le maître-livre de Tolstoï sur la non-violence: Le Royaume des cieux est en vous.

Un soupçon légitime de Stéfan Zweig

    « Pour ma part, j’en suis tout à fait certaine, le meurtrier c’est lui« . Betsy en est tout à fait convaincue, car cela fait plusieurs jours qu’elle voit le chien roder autour de la maison d’une manière inquiétante. Toutefois elle n’a pas de preuves…

L’histoire se passe dans la province anglaise. Pour sortir sa jeune voisine de sa mélancolie, une dame âgée lui offre un jeune bouledogue. Mais le mari de la jeune femme qui est un homme des plus exubérants, portant l’enthousiasme pour toutes choses à l’extrême, s’empare du chien, en fait quasiment son jouet et tombe en adoration devant lui. Il y va comme conséquences que l’animal adopte des habitudes autoritaires et dominatrices qui obligent son maître à se plier à sa volonté. Mais un jour la situation change. La jeune femme obtient enfin ce qu’elle désirait depuis si longtemps et l’attention de son mari se reporte entièrement sur elle. Il se met alors à négliger Ponto et le chien commence à se poser des questions: qu’a t-il fait pour mériter un tel mépris? Que se passe-t-il? Dans un premier temps il cherche et ne trouve rien. Un jour pourtant il voit son maître avec un paquet dans les bras et il comprend tout à coup que l’ennemi est là.

Extrait:  « Allongé paresseusement, et sans le moindre signe de bienvenue, il attendait son maître, qui se jetait sur lui, en s’exclamant: »Bonsoir Ponto », avant même d’avoir embrassé sa femme. »

Stéfan Zweig raconte à merveille, comme toujours, par le biais de la vieille dame et par petites touches  le comportement de l’homme, celui du chien, le déroulement dramatique de cette histoire. Il nous tient en haleine jusqu’au bout en nous faisant passer, comme à son habitude, par toutes sortes de sentiments allant du positif au négatif. C’est passionnant.